Définition
Il s’agit de techniques d’assistance médicale à la procréation consistant à congeler les ovocytes (cellules reproductrices femelles) ou les ovaires (les gonades qui contiennent les ovocytes) d’une femme afin de pouvoir préserver sa fertilité (capacité pour concevoir un enfant).
Ces femmes, sont soit :
- des femmes qui souhaitent simplement pouvoir préserver et en quelque sorte différer leur fertilité en l’absence de projet de grossesse dans un proche avenir
- des femmes dont les fonctions ovariennes se retrouvent souvent diminuées voir même supprimées à la suite d’un traitement stérilisateur. Ces traitements ont pour conséquence assez fréquemment un état de ménopause précoce.
Techniques
Du fait de la fragilité du matériel génétique contenu dans les ovocytes, la mise au point de leur technique de congélation a été plus laborieuse que celle des spermatozoïdes.
Congélation d’ovocytes (Auto-conservation d’ovocytes)
La technique permettant aujourd’hui d’obtenir les meilleurs résultats est celle de la « vitrification ». Il s’agit du passage direct par l’effet du froid de l’état frais à l’état « vitrifié » ou en « verre », sans passer par la phase de « cristallisation », ce qui a comme avantage d’éviter la formation de cristal de glace intra et extra cellulaire. Les ovocytes sont prélevés par ponction lors d’un cycle spontané ou plutôt d’un cycle stimulé, ce qui permet d’accroitre leur nombre. Ils sont ensuite congelés ou vitrifiés. La vitrification peut s’appliquer à des ovocytes matures, ou bien à des ovocytes immatures, nécessitant d’abord le passage par une phase de maturation in vitro précédant la congélation.
Congélation du tissu ovarien (Auto-conservation de tissu ovarien)
Il s’agit là de la congélation de cortex ovarien (partie la plus superficielle de l’ovaire) contenant des ovocytes immatures. L’ovaire ou des fragments d’ovaire sont prélevés par voie chirurgicale (coelioscopie ou laparotomie) puis congelés. Ce type de prélèvement a plusieurs avantages :
- Il peut se faire même chez une jeune fille avant la puberté
- Il ne nécessite pas de stimulation ovarienne préalable et peut se faire à n’importe quel moment du cycle
- Il permet de conserver un très grand nombre d’ovocytes
- Il ne retarde pas la mise en route du traitement potentiellement stérilisateur pour lequel a été posée l’indication d’auto-conservation de tissu ovarien.
Indications
La conservation de tissu ovarien est proposée à des petites filles ou à des femmes jeunes voulant préserver leur fertilité, avant la mise en place d’un traitement potentiellement stérilisateur. Le court délai entre le diagnostic et la mise en route du traitement et le jeune âge de certaines patientes empêche d’avoir recours à une cryoconservation des ovocytes ou à une fécondation in vitro avec congélation d’embryons. Ces indications sont :
- Chimiothérapie à base d’agents alkylants à fortes doses (la chimiothérapie pouvant réduire de façon parfois irréversible la « réserve ovarienne » et donc la fertilité) pour traiter certaines affections malignes
- Irradiation corporelle totale ou pelvienne
- Traitement destructeur (par radio ou chimiothérapie) des cellules de la moelle osseuse en vue d’une greffe provenant d’un donneur compatible
- Ovariectomie bilatérale ou unilatérale sur un ovaire restant.
- Alternative potentielle à la congélation d’embryons posant parfois des problèmes légaux ou étiques (par exemple lors du décès du conjoint)
La cryoconservation des ovocytes est une technique de plus en plus demandée par des jeunes femmes actives, qui n’ont pas encore de projet de maternité dans un court délai et qui souhaitent simplement préserver leur possibilité de mener une grossesse à terme et d’avoir un jour un enfant issu de leur propre matériel génétique, sans avoir recours au don d’ovocyte. C’est indication est déjà reconnue dans plusieurs pays mais pas encore en France.
Comment se déroule une congélation d’ovocytes ?
Comment se déroule une congélation d’ovaires ?
Le prélèvement se fait par voie chirurgicale, la plupart du temps coelioscopique, sous anesthésie générale et avant l’administration du traitement stérilisant.
- Ovariectomie totale ou partielle par coelioscopie ou par laparotomie. C’est la partie externe de l’ovaire appelée corticale ovarienne qui est riche en follicules contenant les ovocytes immatures
- Dissection de la corticale en plusieurs fragments, conditionnement, congélation et conservation par cryoconservation dans de l’azote liquide à - 196 °C, cela dans un laboratoire de biologie de la reproduction et de cryobiologie
- Lorsque le projet de maternité se concrétise et après l’avis d’une commission multidisciplinaire : décongélation des fragments de corticale ovarienne
Après la décongélation et en fonction du contexte clinique deux techniques sont envisageables :
- Greffe des fragments de corticale ovarienne dans la loge de l’ovaire avec l’espoir de la survenue d’une grossesse spontanée
- Maturation in vitro des ovocytes immatures avec la réalisation d’une fécondation in vitro avec le sperme du conjoint.
Résultats
Et après
Les risques et complications
Pour qu’une autogreffe de tissu ovarien soit réalisable il faut que :
- La patiente soit guérie de la maladie initiale
- Qu’il n’y ai pas de contre indications à mener une grossesse à terme
- Qu’il n’y ai pas de risque de réintroduction de cellules anormales dans l’organisme lors de la greffe du tissu ovarien.