Coqueluche et grossesse
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Docteur Benchimol
Gynécologue Obstétricien
Paris France
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Dernière
Mise à jour
03.05.2008
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Définition

 

La Coqueluche est une maladie infectieuse respiratoire d’origine bactérienne, causée par le bacille de Bordet Gengou (Bordetella pertussis et parapertussis). Cette infection concerne essentiellement les nourrissons non vaccinés ou les adolescents et adultes qui ont perdu leur immunité naturelle ou post vaccinale. Elle est hautement contagieuse.

 

La coqueluche peut concerner les femmes en âge de procréer dans différents contextes :

  • la prévention vaccinale (calendrier vaccinal 2008)
  • lors du contact avec un sujet atteint au cours de la grossesse
  • lors d’une véritable infection survenue en cours de grossesse.

 

Epidémiologie

 

L’agent pathogène responsable de la coqueluche est un bacille gram négatif, appelé bacille de Bordet Gengou. Cette bactérie se transmet entre les gens par l’intermédiaire des sécrétions bronchiques (voies aériennes supérieures). La transmission se fait par les gouttelettes de salive projetées lors de la toux, des éternuements ou de la parole d’un sujet atteint. Le taux de contagiosité peut atteindre 80 % dans l’entourage d’un sujet malade.

Une recrudescence du nombre de cas de coqueluche est observée depuis quelques années, essentiellement chez les adultes ou adolescents anciennement vaccinés. Cette infection concerne essentiellement les nourrissons non vaccinés ou les adolescents et adultes qui ont perdu leur immunité naturelle ou post vaccinale. Environ les deux tiers des enfants sont contaminés par leurs propres parents. Les sujets les plus jeunes (ceux qui présentent les formes les plus graves de la maladie) sont la plupart du temps contaminés par des adolescents ou par des adultes.

Un sujet atteint est contagieux dès l’apparition des premiers signes et ce pendant 3 semaines en l’absence de traitement. Il ne l’est plus après cinq jours de traitement antibiotique adapté.

 

 

Coqueluche - Maladie

 

La période d’incubation est de dix jours en moyenne (5 à 21 jours). La première phase de la maladie est dite la phase catarrhale. Elle se manifeste par une rhinite, une petite fièvre et par une toux sèche. Cette phase peut être confondue avec un simple rhume. La deuxième phase se manifeste 7 à 10 jours plus tard. Le signe clinique majeur et caractéristique est la toux. Il s’agit d’abord d’une toux banale, devenant quinteuse. Les quintes de toux sont répétitives, violentes, cyanosantes, parfois responsables de vomissements. Elles se terminent par une inspiration bruyante rappelant le chant du coq. La toux reste intense pendant trois semaines. Elle s’atténue par la suite et peut durer jusqu’à 3 mois. Des formes de gravité différentes sont possibles. Ce sont habituellement les sujets les plus jeunes (nourrissons non encore vaccinés) qui présentent les formes les plus graves de la maladie. Chez le nourrisson, la gène respiratoire occasionnée par les quintes de toux peut provoquer des complications pulmonaires ou neurologiques mortelles : une apnée ; une suffocation ; des convulsions ; une encéphalite.

 

 

Diagnostic

 

Le diagnostic est fait par un prélèvement bactériologique direct au niveau nasopharyngé (gorge), avec la mise en culture (dans la première semaine de toux) ou une PCR (dans les trois premières semaines de toux).

Un diagnostic rétrospectif est possible par deux sérologies (prises de sang) effectuées à 3 semaines d’intervalle.

 

 

Risques

 

Chez la femme enceinte, il n’existe pas de risque de transmission in utero ou d’autres risques particuliers. Au delà de 30 semaines d’aménorrhée, il existe un risque potentiel de contamination du nouveau né par sa mère après l’accouchement, par voie respiratoire.

 

 

Prévention - Vaccination

 

La prévention se base sur la vaccination (calendrier vaccinal 2008). La meilleur méthode pour protéger les sujets les plus jeunes (ceux qui présentent les formes les plus graves de la maladie) est la vaccination des adultes et la vérification de l’état vaccinal de la fratrie (enfants et adolescents du foyer). L’immunité post vaccinale dure une dizaine d’années. L’immunité naturelle dure 12 à 15 ans. Sa durée est plus aléatoire car soumise à de nouvelles ré infections passées inaperçues.

En France, la vaccination des nourrissons est recommandée dès l’âge de deux mois. Le calendrier vaccinal consiste en trois injections, à 2, 3 et à 4 mois. Des injections de rappel sont recommandées à 16 - 18 mois et à 11 - 13 ans.

Du fait de la recrudescence des cas de Coqueluche, une autre injection de rappel est recommandée depuis 2004 aux adultes susceptibles de devenir parents dans les mois ou années à venir. Elle est également recommandée à l’occasion d’une grossesse, pour les autres membres du foyer (enfant qui n’est pas à jour pour cette vaccination ; adulte qui n’a pas reçu de vaccination contre la coqueluche au cours des dix dernières années). Dans ce cas, le père et les enfants peuvent bénéficier de ce vaccin durant la grossesse, et la mère, le plus tôt possible après l’accouchement. L'allaitement ne contre indique pas la vaccination de la mère.

 

 

 

En cas d’exposition

 

Un sujet exposé est un individu (vacciné ou non vacciné) ayant été en contact avec une personne atteinte de Coqueluche, non traitée ou traitée depuis moins de cinq jours.

Dans un premier temps, il s’agit d’identifier tous les sujets exposés (ayant été en contact avec la personne malade) et d’évaluer leur propre risque ainsi que le risque d’une éventuelle transmission secondaire. Repérer parmi les sujets exposés tous ceux qui sont considérés comme étant fragiles : nourrissons non vaccinés, personne atteintes de maladies respiratoires chroniques, femmes enceintes etc.

Mise en isolement du sujet malade et son éviction de la collectivité pendant la période de contagiosité. Un sujet atteint est contagieux dès l’apparition des premiers signes et ce pendant 3 semaines en l’absence de traitement. Il ne l’est plus après cinq jours de traitement antibiotique adapté.

Une consultation médicale est conseillée en cas de survenue d’une toux moins de trois semaines après le dernier contact avec un sujet malade (période d’incubation).

Une antibioprophylaxie par Macrolides (administration d’un traitement antibiotique préventif) est recommandée pour les cas suivants :

  • Adultes exposés susceptibles d’être en contact avec des enfants ou nourrissons non ou mal vaccinés
  • Enseignants lorsqu’il s’agit d’un cas survenu dans une classe
  • Femmes enceintes.

L’antibioprophylaxie est à base de Macrolides. Elle doit débuter le plus tôt possible, ou au plus tard 21 jours après le premier contact avec le sujet malade. Le traitement préventif est administré pendant 10 jours.

 

Parallèlement, la mise à jour du vaccin selon le calendrier vaccinal est recommandée.

 

 

Chez la femme enceinte - Grossesse

 

En cas de contact proche ou occasionnel avec un sujet malade : traitement préventif par Macrolides, administré pendant 10 jours. Eviter le retour dans la collectivité où le cas a été déclaré au-delà de 30 semaines.

 

 

Déclaration

 

La Coqueluche n’est plus une maladie à déclaration obligatoire. Une déclaration au médecin inspecteur de santé publique du département est obligatoire lors de la survenue de plus de deux cas groupés.

 

 

Traitement

 

Le traitement fait appel aux antibiotiques de la famille des Macrolides, administrés pendant 15 jours et éventuellement associés à un antitussif. Lorsque la maladie survient chez un nourrisson âgé de moins de trois mois, une hospitalisation est nécessaire. A ce traitement sont associées des mesures d’hygiène et d’éviction si nécessaire.