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Définition
Il s’agit d’une grossesse implantée en dehors de la cavité utérine (appelée également grossesse ectopique). La fréquence des grossesses extra-utérines est d'environ 0,5 % des grossesses. Dans ce cas, l’œuf fécondé (ou embryon) peut s’implanter au niveau :
La grossesse extra-utérine constitue la première cause de mortalité maternelle au premier trimestre de la grossesse dans les pays industrialisés.
Le diagnostic précoce d’une grossesse extra-utérine permet d’éviter sa rupture ; d’éviter la mise en jeu du pronostic vital ; de bénéficier d’un traitement conservateur de la trompe et de préserver sa fertilité.
Mécanisme – Physiopathologie
L’embryon né de la fécondation de l’ovule (cellule sexuelle féminine) par le spermatozoïde (cellule sexuelle masculine). Cette fécondation s’effectue généralement dans la portion distale de la trompe utérine ou dans la cavité péritonéale. L’embryon ainsi formé, migre dans la trompe utérine vers la cavité utérine. Il s’implante dans le fond utérin six jours après la fécondation.
L’implantation d’une grossesse en dehors de la cavité utérine est le plus souvent liée à une anomalie de la perméabilité des trompes utérines ou à une anomalie de leur mobilité. Tout processus qui retarde la migration embryonnaire augmente le risque de grossesse extra-utérine.
Lorsque les trompes utérines présentent une anomalie, la migration de l’œuf s’arrête trop tôt. L’embryon s’implante alors le 6ème jour, dans la muqueuse tubaire (muqueuse de la trompe) ou dans la cavité péritonéale. Lorsque l’œuf s’implante dans la trompe, il se développe dans une petite cavité rétrécie. Par manque de place, l’œuf se décolle et provoque un saignement dans la trompe (hématosalpinx). Ce saignement se manifeste par un saignement génital peu abondant, de couleur sépia (marron). Il s’accompagne de douleur pelvienne. La plupart du temps l’embryon fini par mourir, mais les cellules environnantes (cellules trophoblastiques) poursuivent leur évolution. En l’absence de traitement, la trompe fini par se rompre : c’est la grossesse extra-utérine rompue.
Facteurs de risque
Certains facteurs de risque permettent d’expliquer l’anomalie de perméabilité ou de mobilité des trompes utérines :
Moins de 50 % des femmes porteuses d’une GEU présentent un de ces facteurs de risque.
Localisations
En fonction du siège anatomique de la grossesse extra-utérine et par ordre de fréquence, on distingue :
L’association d’une grossesse intra-utérine à une grossesse extra-utérine est appelée grossesse hétérotopique. Une grossesse hétérotopique peut s’observer lors d’un transfert de plusieurs embryons en cours de fécondation in vitro, lors d’une insémination intra utérine ou lors d’une stimulation de l’ovulation.
Signes cliniques – Symptômes
Aucun symptôme n’est spécifique d’une grossesse extra-utérine. La présence d’un de ces symptômes ne signifie pas forcément la présence d’une grossesse extra-utérine. L’existence de facteurs de risques de grossesse extra-utérine augmente la probabilité de grossesse extra-utérine. Certains signes peuvent parfois manquer au tableau clinique global. Chaque signe a une valeur plus ou moins probante :
Evolution
Différentes évolutions d’une grossesse extra-utérine sont possibles :
Diagnostic
Les signes cliniques d’une grossesse extra-utérine sont souvent trompeurs. C’est pour cette raison, qu’au moindre doute clinique, un test de grossesse et une échographie pelvienne sont recommandées. Les signes échographiques sont souvent des signes indirects, trompeurs également. Une erreur diagnostique peut être lourde de conséquences.
Le diagnostic n’est souvent pas porté dès la première consultation, mais après la répétition des prises de sang et des échographies à plusieurs jours d’intervalle. La répétition des dosages sanguins quantitatifs des β-HCG plasmatiques (Béta HCG) permet d’établir une courbe de cinétique. La répétition des échographies pelviennes permet d’établir le diagnostic et d’apprécier la présence de signes de gravité d’une grossesse extra-utérine.
Examen clinique
L’examen clinique peut être très variable. Les différents signes peuvent être plus ou moins présents, plus ou moins intenses :
Examens complémentaires
β-HCG plasmatiques
Le dosage des β-HCG plasmatiques se fait par une prise de sang. S’il existe une forte suspicion de GEU ou s’il existe des signes de gravité, il doit être effectué en urgence. Les résultats sont obtenus en moins d’une heure. Quelques règles biologiques permettent d’orienter le médecin vers le diagnostic (courbe de cinétique des β-HCG plasmatiques) :
Pour toutes ses raisons, l’analyse de la cinétique des β-HCG plasmatiques est souvent nécessaire, toutes les 48 heures, afin de préciser le diagnostic. Les dosages doivent être effectués de préférence dans le même laboratoire et communiqués immédiatement au médecin.
Echographie pelvienne
L’échographie pelvienne retrouve le plus souvent des signes indirects de grossesse extra-utérine :
Plus rarement, l’échographie retrouve des signes directs et alors formels de grossesse extra-utérine :
L’échographie recherche la présence de signes de gravité de la grossesse extra-utérine. La présence de ces signes intervient dans le choix thérapeutique qui sera fait par le médecin :
Curetage
Dans certains cas de difficulté diagnostique, un curetage de la cavité utérine (éventuellement à la pipelle de Cormier) permet de rechercher des villosités choriales (cellules de la grossesse). La présence de villosités choriales dans l’utérus confirme le caractère intra-utérin de la grossesse. Leur absence oriente vers une GEU sans pour autant confirmer le diagnostic formellement.
Diagnostic différentiel
Plusieurs affections peuvent présenter des signes cliniques ressemblant à ceux d’une grossesse extra-utérine et être à l'origine d'une erreur diagnostique :
Fertilité après grossesse extra-utérine
Après une GEU, le risque de récidive est d’environ 10 à 20 %. Ce taux est identique, que le traitement soit conservateur ou radical (GEU controlatérale). Ce taux dépend de l’état de la trompe controlatérale : trompe normale ou abîmée. Le taux de grossesse intra-utérine après une GEU est d’environ 50 %. La fertilité après une GEU dépend également des autres facteurs d’infertilité ainsi que de l’âge de la femme.
L’augmentation du risque de récidive d’une GEU implique une consultation précoce, dès le début d’une prochaine grossesse, afin de s’assurer par prise de sang et par échographie de sa bonne localisation intra-utérine.
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