Définition
Infection urinaire : Il s’agit d’une colonisation des voies urinaires par des bactéries.
Cystite : Il s’agit d’une infection bactérienne de la vessie. On peut la nommer une « infection urinaire basse ».
Pyélonéphrite : Il s’agit d’une infection bactérienne du rein (voies excrétrices et parenchyme rénal). On peut la nommer une « infection urinaire haute ».
Les infections urinaires sont les infections bactériennes les plus fréquentes. Leur fréquence chez la femme enceinte est d’environ 10%.
Mécanisme - Physiopathologie
Plusieurs facteurs anatomiques et physiologiques expliquent la fréquence des infections urinaires chez la femme enceinte :
- Dextro rotation de l’utérus (utérus tourné vers la droite) avec compression des voies urinaires droites provoquant un ralentissement de l’acheminement des urines entre le rein et la vessie ;
- Reflux urinaire vésico urétéral favorisé par l’étirement des uretères
- Secrétions hormonales (Progestérone et Œstrogènes) favorisant la stagnation des urines et l’adhérence des bactéries dans la vessie ;
- Augmentation du taux de glucose dans les urines ;
- Alcalinisation des urines (PH urinaire plus élevé) ;
- Proximité du méat urinaire et de la marge anale, d’où proviennent les bactéries, associée à une brièveté de l’urètre.
Facteurs de risque
Certains facteurs favorisent la survenue d’une infection urinaire :
- Brièveté de l’urètre (urètre courts) ;
- Présence d’une malformation de l’appareil urinaire ;
- Antécédent d’infections urinaires à répétition.
Signes cliniques – Symptômes
Il existe trois tableaux cliniques d’infection urinaire :
Bactériurie asymptomatique : C’est la forma la plus fréquente. Il n’existe aucun symptôme. Elle est découverte à la suite d’un dépistage systématique mensuel avec la présence d’une protéinurie ou de nitrites à la bandelette urinaire, ou à la suite d’un ECBU (examen cytobactériologique des urines) demandé devant la présence de facteurs de risques ou parce que la bandelette urinaire est positive. L’ECBU montre alors la présence d’au moins 105 germes/ml. En l’absence de traitement elle évolue vers une pyélonéphrite dans 10% des cas.
Cystite : Présence de signes urinaires : pollakiurie (mictions fréquentes), brulures mictionnelles, hématurie (présence de sang dans les urines), pesanteur pelvienne, urines troubles, contractions utérines, apyrexie (absence de fièvre).
Pyélonéphrite aigue : Elle complique 1 à 2% des grossesses. Le début est le plus souvent brutal, avec l’apparition d’une fièvre élevée (38°5), douleur lombaire le plus souvent droite, irradiant vers le bas, altération de l’état général, pollakiurie (mictions fréquentes), brulures mictionnelles, hématurie (présence de sang dans les urines), pesanteur pelvienne, urines troubles, contractions utérines, douleur à la palpation de la fosse lombaire. Le tableau peut être parfois progressif, avec une fièvre moins élevée et une douleur lombaire moins importante.
Evolution
L’évolution sou traitement est habituellement favorable, avec une diminution rapide de la fièvre et des douleurs ainsi que la stérilisation des urines en 24 à 48h.
Complications maternelles : Une infection urinaire basse (cystite) peut être spontanément résolutive, mais peut aussi s’aggraver et diffuser vers le haut appareil urinaire. Cela se manifeste par l’apparition de douleur lombaire associé à une fièvre.
En cas de retard diagnostic, une pyélonéphrite aigue peut se compliquer d’une septicémie avec un état de choc septique ; d’un phlegmon péri néphrétique. Le pronostic vital maternel peut être mis en jeu.
Une infection urinaire peut également récidiver en fin de grossesse ou en post-partum ou bien être à l’origine d’une nécrose papillaire ou d’une néphrite interstitielle chronique.
Complications fœtales : Prématurité ; mort périnatale ; infection néonatale.
Diagnostic
Le diagnostic est basé sur les signes cliniques évocateurs d’une pyélonéphrite aigue et sur certains examens complémentaires :
- ECBU avec antibiogramme : de préférence sur les urines du matin, deuxième jet urinaire après une toilette vulvaire soigneuse, il montre la présence d’au moins 105 germes/ml et d’une leucocyturie d’au moins 104 leucocytes/ml. Les germes le plus souvent retrouvés sont l’Escherichia Coli, le Protéus Mirabilis, les Klebsielles, la Serratia, les entérobacters, entérocoques, Stréptocoque B ou Staphylocoques.
- La numération formule sanguine montre une augmentation des globules blancs. La CRP (marqueur de l’inflammation) est augmentée.
- L’échographie rénale montre une dilatation physiologique des voies urinaires et parfois une augmentation de la taille du rein.
- Les hémocultures sont effectuées en cas de fièvre > 38°5 ou de frissons à la recherche d’une bactériémie ou d’une septicémie.
Diagnostic différentiel
Les causes
Traitement
Prévention