Vaccin anti HPV : prévention du cancer du col utérin
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Docteur Benchimol
Gynécologue Obstétricien
Paris France
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Dernière
Mise à jour
21.07.2008
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Généralités - Human Papilloma Virus HPV

 

Le Papillomavirus humain (HPV–Human Papilloma Virus) est un virus impliqué dans la survenue de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus. Une infection persistante par ce virus peut évoluer vers un cancer du col utérin.

Un contact avec le virus HPV ne signifie pas « cancer » à coup sûr. On estime statistiquement, qu’environ une femme sur deux entre un jour en contact avec ce virus. Chez environ 10 % de ces femmes infectées, le virus provoque une infection chronique (dysplasie du col utérin). Parmi ces dernières, environ 20 % sont à risque de développer un cancer du col utérin. Les lésions liées à l’HPV se résorbent donc presque toujours favorablement, même en l'absence de traitement.

Malgré l’évolution souvent favorable d’une infection à HPV et malgré tous les efforts de dépistage, le cancer du col utérin est responsable d’environ 1000 décès par an en France.

Les génotypes (types génétiques) HPV 16 et HPV 18 sont responsables de 70 % des cas de cancer du col utérin viro-induits (induits par le virus HPV). Les génotypes HPV 6 et HPV 11 sont responsables de 90 % des cas de condylomes génitaux (verrues génitales).

 

Quel est le principe du vaccin anti HPV  ?

 

Le vaccin est constitué de particules pseudo-virales (une protéine de l’enveloppe du virus HPV, non capable de se répliquer). Leur injection dans l’organisme permet la production d’anticorps protecteurs dirigés contre le virus HPV.

Les vaccins anti HPV sont des vaccins prophylactiques (préventifs). Ils sont destinés principalement à prévenir la primo-infection des principaux virus en cause. Ils ne sont pas thérapeutiques, c'est à dire qu'ils n'ont aucun effect chez les femmes porteuses du virus HPV ou présentant des lésions liées aux virus HPV 16 et 18.

Deux types de vaccins seront mis sur le marché : l’un, bivalent, prévient contre les cancers liés aux virus HPV 16 et 18 (vaccin Cervarix), l’autre, quadrivalent, prévient contre les cancers liés aux virus HPV 16 et 18 et contre les condylomes génitaux liés aux virus HPV 6 et 11 (vaccin Gardasil). Dans l'état actuel des connaissances, il est recommandé d'utiliser le vaccin quadrivalent.

 

La durée de protection démontrée au jour d'aujourd'hui est d'au moins 5 ans.

 

A qui est destiné le vaccin anti HPV  ?

 

En France, il est recommandé de vacciner systématiquement toutes les jeunes filles de 14 ans avant qu'elles ne soient exposées au risque d'infection par le virus HPV. Une vaccination de rattrapage est proposée aux filles et aux femmes âgées de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de relations sexuelles, ou au plus tard dans l'année suivant le premier rapport sexuel (calendrier vaccinal 2008). Il est conseillé d'éviter une vaccination en cours de grossesse et d'éviter une grossesse au cours du mois suivant chaque injection.

Il n'est pas recommandé de :

  • Pratiquer un frottis cervico-vaginal avant la vaccination, lorsque l'indication de celle-ci est bien posée ;
  • Pratiquer un test HPV avant la vaccination, lorsque l'indication de celle-ci est bien posée ;
  • Pratiquer une sérologie HPV (prise de sang) avant la vaccination, lorsque l'indication de celle-ci est bien posée.

 

Effets indésirables

 

  • fièvre
  • érythème, douleur, gonflement, saignement, démangeaisons au point d’injection
  • affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
  • bronchospasme, urticaire.

 

Schéma vaccinal

 

Le vaccin Gardasil est disponible en France depuis novembre 2006. Le schéma vaccinal est de 3 injections administrées par voie intramusculaire (muscle deltoïde ou région antérolatérale supérieure de la cuisse) sur une période de 6 mois (à 0, 2 et 6 mois). Il est remboursé par la sécurité sociale depuis le 11 juillet 2007 à hauteur de 65% (135,59 euros par injection), dans les indications suivantes :

  • prévention des dysplasies de haut grade du col de l'utérus (CIN 2/3), des cancers du col de l'utérus, des dysplasies de haut grade de la vulve (VIN 2/3) et des verrues génitales externes (condylomes acuminés) dus aux papillomavirus humains de type 6, 11, 16 et 18
  • chez des jeunes filles âgées de 14 ans et des jeunes filles et jeunes femmes âgées de 15 à 23 ans qui n'auraient pas eu de rapports sexuels, ou au plus tard dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle.

 

Que reste-il du dépistage par frottis ?

 

Les vaccins anti HPV permettraient au meilleur des cas d’éviter 70 % des cancers du col utérin viro-induits, et par conséquent, de réduire le nombre de décès par cancer du col utérin de 70 % (à condition que toutes les femmes soient vaccinées ; qu'elles bénéficient des trois injections et qu'elles ne contractent pas le virus HPV pendant cette période). Le vaccin ne protège donc pas contre tous les cancers du col utérin !!!

Le dépistage reste donc absolument nécessaire afin de détecter les 30 % et plus, de cancers du col utérin non prévenus par le vaccin.

 

Pharmavovigilance

 

L’Afssaps a mis en place sur le plan national une surveillance renforcée de pharmacovigilance ; un registre des grossesses survenues en période de vaccination ainsi qu’un suivi des adolescentes vaccinées et non vaccinés afin d’analyser la survenue de maladies auto-immunes.

Ce que l’on peut noter :

  • Environ 1,4 millions de doses ont été administrées en France en date du 30 juin 2008
  • Environ 800 000 femmes ou jeunes filles ont été vaccinées
  • 86% parmi les 700 notifications correspondent à des effets indésirables  connus, bénins et transitoires à type de : réactions au site d’injection (douleur), fièvre, syncopes vasovagales, Quelques cas d’urticaire et de lymphadénopathies
  • Les effets indésirables graves ayant nécessité une hospitalisation concernent majoritairement des réactions attendues à type de : syndromes fébriles, arthromyalgies, syncopes, toutes d’évolution favorable
  • Quelques cas de maladies auto-immunes ont été rapportés : démyélinisations aiguës centrales, arthrites et thrombopénies, souvent peu documentés, mais ne permettent pas d’établir un lien de causalité ; leur nombre reste très inférieur au nombre attendu en l’absence de vaccination
  • Aucun effet indésirable pour la trentaine de cas d’exposition à Gardasil® au cours ou un mois avant une grossesse n’a été rapporté durant la période d’analyse.
  • A ce jour, aucun décès n’a été rapporté en France.

 

 

Source :

  • Haute autorité de santé : http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/fiche_bum_gardasil.pdf
  • Bulletin épidémiologique hébdomadaire 22/04/2008 : http://www.invs.sante.fr/beh/2008/16_17/beh_16_17_2008.pdf
  • Afssaps Communiqué de presse 15/07/2008