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virus ebolaGénéralités

La maladie provoquée par le Virus Ebola, également appelée la Fièvre hémorragique à Virus Ebola est une maladie infectieuse grave, d’origine virale, dont le taux de mortalité peut atteindre 90 %. Le Virus Ebola est classé en groupe 4* de la classification des agents biologiques.

Mortalité par EBOLA : > 11 000 selon l'OMS.

Ce virus porte le nom d'une rivière passant près de la ville de Yambuku, en République démocratique du Congo (ex-Zaïre). C'est à l'hôpital de cette ville que ce virus a été identifié pour la première fois, lors d'une épidémie ayant débuté le 1er septembre 1976. Plusieurs épidémies ont eu lieu depuis sa découverte.

La plus forte épidémie d'Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Afrique occidentale, se propageant rapidement de la Guinée vers le Liberia puis la Sierra Leone.

ebola afrique

Point de départ de l'épidémie du virus Ebola 2014

 

Historique de l'épidémie du virus Ebola de 2014

  • 18 au 19 septembre 2014 : Premier cas de patient contaminé en Afrique et rapatrié sur le sol français. Il s'agit d'une infirmière française contaminée par le virus Ebola lors d’une mission au Liberia et rapatrièe en France pour être traitée à l'hôpital Bégin de Saint-Mandé. Elle a été guérie et est sortie de l'hôpital le 04 octobre 2014.
  • 30 septembre 2014 : Premier cas d'Ebola diagnostiqué aux Etats-Unis et hors d'Afrique, renvoyé par erreur chez lui une première fois le 28 septembre à cause d'un problème de logiciel informatique à Dallas, Texas. Ce patient avait contracté la virus au Liberia. Ce patient est décédé.
  • 06 octobre 2014 : Premier cas de contamination en Europe et hors d'Afrique, une aide-soignante espagnole qui avait soigné un patient atteint d'Ebola à Madrid et qui aurait touché son propre visage au moment d'enlever son équipement souillé par le malade. Ce patient avait contracté le virus au Sierra Leone.
  • 12 octobre 2014 : Premier cas de contamination aux Etats-Unis, une infirmière travaillant au Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas, là où le premier patient atteint d'Ebola aux États-Unis, est décédé.
  • 14 octobre 2014 : Un employé Soudanais de l'ONU contaminé par Ebola au Liberia et rapatrié à Leipzig en Allemagne décède des suites de l'infection. L'allemagne avait rapatrié deux autres patients dont l'un a été guéri.
  • 15 octobre 2014 : Deuxième cas de contamination aux Etats-Unis, une infirmière travaillant au Texas Health Presbyterian Hospital de Dallas, là où le premier patient atteint d'Ebola aux États-Unis, est décédé.

 

Mode de transmission

Le virus Ebola se transmet par contact direct avec :

  • le sang ;
  • les liquides et secrétions biologiques ;
  • les tissus de personnes ;
  • des animaux infectés ;
  • les chauves-souris. 

Le virus Ebola s’introduit dans la population humaine après un contact étroit avec des animaux infectés.

Il se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine, à la suite de contacts directs ou de contacts indirects par l’intermédiaire d’environnements contaminés par ce type de liquides.

Le sperme peut continuer à contenir le virus et rester contagieux jusqu’à sept semaines après la guérison clinique.

 

Période d’incubation

La période d’incubation qui correspond au temps écoulé entre la contamination par le virus et l’apparition des premiers symptômes varie de 2 à 21 jours.

 

Signes cliniques et symptômes

La fièvre hémorragique à Virus Ebola est une virose aiguë sévère qui se caractérise par :

  • apparition brutale de la fièvre ;
  • faiblesse intense ;
  • myalgies ;
  • céphalées ;
  • irritation de la gorge.

Ces symptômes sont rapidement suivis de :

  • vomissements ;
  • diarrhée ;
  • éruption cutanée ;
  • insuffisance rénale et hépatique ;
  • hémorragies internes et externes.

Le taux de mortalité peut aller de 25 à 90% et il n'existe pas à ce jour de vaccin homologué.

Les sujets atteints restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions.

 

Définition d'un cas suspect

Un patient suspect est défini comme toute personne présentant, dans un délai de 21 jours après son retour de la zone à risque*, une fièvre mesurée par un soignant supérieure ou égale à 38°C.


* La zone à risque est définie au 02/10/14 comme les pays suivants :
- en Afrique de l’Ouest : Sierra Leone, Guinée Conakry, Libéria et Nigéria
- en République démocratique du Congo (« Congo-Kinshasa ») : province de l’Equateur (Nord-Ouest du pays).
Ces 2 épidémies sont distinctes.

 

Diagnostic

Avant de poser le diagnostic d'une maladie à virus Ebola, il faut penser à éliminer ses diagnostics différentiels.

Les tests biologiques permettant de poser le diagnostic d'une infection à virus Ebola doivent être effectués dans des conditions de confinement rigoureuses du fait de leur forte contagiosité :

  • titrage immunoenzymatique (ELISA) ;
  • détection de l’antigène ;
  • test de séroneutralisation ;
  • amplification génique précédée d’une transcription inverse (RT-PCR) ;
  • microscopie électronique ;
  • isolement du virus sur culture cellulaire.

 

Diagnostic différentiel

  • paludisme ;
  • fièvre typhoïde ;
  • shigellose ;
  • choléra ;
  • leptospirose ;
  • peste ;
  • rickettsiose ;
  • fièvre récurrente ;
  • méningite ;
  • hépatite ;
  • autres fièvres hémorragiques virales.

 

Infection à virus Ebola et grossesse

L’infection par le virus Ebola durant la grossesse semble être un facteur aggravant de l’évolution de la maladie. La transmission materno-fœtale de l’infection peut se produire pendant la grossesse ; pendant l’accouchement ; lors de l’allaitement au sein ou par contact avec d’autres liquides ou secrétions biologiques.

Il est difficile d’évoquer une infection à virus Ebola chez une femme enceinte car il existe bien d’autres causes de saignement.

Certaines complications de l'infection par le virus Ebola durant la grossesseont été rapportées  :

  • fausse couche spontanée précoce ou tardive, hémortragique, avec risque de mort maternelle, expliquées par une fièvre maternelle élevée ; des anomalies de la coagulation sanguine ainsi que par les conséquences d’une infection fœtale par le virus ;
  • mort fœtale in utero ;
  • mort néonatale dans les jours suivant l'accouchement par contamination in utero ou lors du passage dans la filière génitale maternelle au moment de l'accouchement ;
  • hémorragie maternelle ;
  • mort maternelle ;
  • mort néonatale.

Le traitement d’un saignement chez une femme enceinte infectée par le virus Ebola est la transfusion sanguine avec curetage ou terminaison de la grossesse.

Toutes les mesures de protection, d’isolement et de stérilisation doivent être prises.

Dans certaines zones à risque, l'apparition d'une hémorragie chez une femme enceinte est considérée et traitée comme une suspicion d'infection à virus Ebola.

 

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique. Il s’agit de traiter les symptômes.

Les formes graves sont traitées en service de réanimation :

  • réhydratation par voie orale à l'aide de solutions d’électrolytes ;
  • réhydratation par voie intraveineuse.

 

Prévention

Prévention de l’infection chez les animaux domestiques et prévention de la transmission animal - population humaine

Il n’existe pas de vaccin vétérinaire contre ce virus.

  • nettoyage et la désinfection systématiques des élevages de porcs et de singes avec de l’hypochlorite de sodium ou d’autres détergents pour inactiver le virus ;
  • mise en quarantaine des locaux en cas de forte suspicion d’une infection ;
  • abattage des animaux infectés avec incinération des carcasses ;
  • interdiction du déplacement des animaux à partir des élevages infectés vers d’autres zones ;
  • mise en place d’un système de surveillance active de la santé animale.

Prévention de l’infection et prévention de la propagation interhumaine

Il n’existe pas de vaccin humain homologué contre ce virus.

Réduction du risque d’infection à virus Ebola chez l’homme

  • éducation et mesures de santé publique avec sensibilisation favorisant la réduction du risque de transmission du virus ;
  • réduction du risque de transmission entre les animaux sauvages et l’homme ;
  • manipulation des animaux avec des gants et port de vêtements protecteurs adaptés ;
  • consommation de viande bien cuite.

Réduction du risque de transmission interhumaine

  • éviter tout contact rapproché avec des patients infectés ;
  • port de gants et d'un équipement de protection individuel adapté lorsqu’on soigne des patients à domicile ;
  • lavage régulièr des mains après avoir rendu visite à des parents malades à l’hôpital ou après les avoir soignés à domicile.

Lutte contre l’infection dans les établissements de soins

  • application de précautions d’usage des agents de santé à tous les patients, quel que soit le diagnostic, dans toute pratique professionnelle et à tout moment : hygiène des mains, hygiène respiratoire, port d’un équipement de protection individuel, sécurité des injections et des rites funéraires.
  • les échantillons prélevés pour le diagnostic sur des cas suspects doivent être manipulés par du personnel de laboratoire formé et traités dans des laboratoires suffisamment équipés.

 

Prise en charge de la maladie à virus Ebola en France

A. Pour les personnes asymptomatiques de retour de la zone à risque :
La personne surveille quotidiennement sa température. Toute fièvre supérieure ou égale à 38°C doit être considérée comme cas suspect et la personne doit se signaler au Centre 15.

Aucune mesure d’éviction n’est requise.

Dans le cas où une personne serait considérée comme ayant eu un risque de transmission particulièrement élevé, cette surveillance doit être accompagnée d’une prise de contact avec le médecin infectiologue de l’établissement de santé de référence de la zone de défense.

B. Pour les patients symptomatiques :

Tout cas suspect doit se signaler au Centre 15. Il doit être classé (exclu ou possible) le plus tôt possible par un contact entre le Centre 15, l’InVS et l’ARS selon la définition de cas.
Dans cette situation, la prise en charge d’un cas suspect, d’autant plus qu’il existe des signes de gravité, doit prendre en compte un diagnostic de pathologies tropicales endémiques de la zone à risque ou d’autres maladies cosmopolites (avis HCSP).

Les conditions de prise en charge ainsi que les précautions à prendre sont décrites dans l’avis du HSCP.

 

Fin de l’épidémie à virus Ebola ?

La fin d’une épidémie à virus Ebola est déclarée lorsque deux périodes de 21 jours (durée d’incubation du virus) sont écoulées sans nouveau cas d’infection depuis le dernier test négatif sur un patient guéri.

L’organisation Mondiale de la Santé a déclarée le 29 décembre 2015 la fin de l’épidémie d’Ebola en Guinée, pays où l’épidémie de 2013 avait commencé.

La fin de l'épidémie dans toute l'Afrique de l'ouest a été déclérée par l'OMS le 14 janvier 2016.

Cette épidémie aura fait au total plus de 11 000 morts, soit le bilan le plus grave d'une épidémie à virus Ebola depuis sa découverte en 1976.

 

Anglais

Ebola Hemorrhagic Fever and Pregnancy

 

A lire aussi

 

Sources

*groupe 4 : Agents biologiques qui provoquent des maladies graves chez l’homme. Ils constituent un danger sérieux chez les travailleurs. Risque de propagation élevée dans la collectivité. Il n’existe ni prophylaxie, ni traitement efficace

OMS : Maladie à virus Ebola

Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes Sante.gouv.fr

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