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Généralités
La salpingite représente le principal facteur de risque de stérilité d’origine tubaire et de grossesse extra-utérine chez la femme. Sa connaissance et sa prévention sont importantes, car elle peut être traitée et ses conséquences peuvent être évitées. La salpingite affecte essentiellement les jeunes femmes en âge de procréer.
Définition
La salpingite correspond à l’inflammation des trompes de Fallope (trompes utérines). Elle est le plus souvent bilatérale car les deux trompes utérines communiquent avec la cavité utérine. Une salpingite peut être aigue ou chronique. Salpingite aigue : le tableau est bruyant : douleur vive, fièvre, syndrome inflammatoire aigu. Salpingite chronique : elle évolue à bas bruit. Dans ce cas elle est peut même passer inaperçue.
Epidémiologie
On estime le nombre annuel de salpingites en France à environ 100 000. Les femmes les plus concernées sont celles âgées de 15 à 24 ans.
Physiopathologie - Causes
La contamination se fait habituellement par voie génitale ascendante. Des germes sexuellement transmissibles ou des germes pathogènes issus de la flore vaginale remontent le long de la filière génitale : vagin, col utérin, cavité utérine puis trompes utérines (cervico-vaginite, endo-cervicite, endométrite puis salpingite). Les cas résultats d’une contamination par contiguïté (contact directe avec une appendicite) ou par voie hématogène sont exceptionnels.
Ainsi, les germes le plus souvent mis en cause sont soit sexuellement transmissibles, soit appartenant à la flore vaginale. Dans 50 % des cas il s’agit d’une infection poly microbienne associant plusieurs germes différents, ce qui explique la nécessité d’un traitement par plusieurs antibiotiques.
Germes sexuellement transmissibles
Germes appartenant à la flore vaginale (leur présence sur un prélèvement vaginal ne signifie pas forcément la présence d’une salpingite ou d’une infection)
Plus rarement :
Facteurs de risque
Les principaux facteurs de risque d’une salpingite à germe sexuellement transmissible sont :
Les principaux facteurs de risque d’une salpingite à germes appartenant à la flore vaginale sont :
Signes cliniques - Symptômes
Les signes cliniques d’une salpingite peuvent être très variables dans leur intensité, principalement en fonction du germe responsable. Ainsi, les tableaux cliniques peuvent varier des formes totalement asymptomatiques et passées inaperçues aux formes bruyantes avec un tableau de péritonite. Les signes cliniques les plus fréquents sont les suivants :
Examen clinique
L’examen clinique retrouve le plus souvent :
L’intensité des signes cliniques n’est pas forcément corrélée au degré lésionnel de l’atteinte pelvienne.
Diagnostic
Le diagnostic d’une salpingite est évoqué lorsque des facteurs de risques sont retrouvés à l’interrogatoire et lorsque l’examen clinique retrouve des signes évocateurs. Souvent, des examens complémentaires sont demandés afin de préciser le diagnostic et d’adapter le traitement.
Diagnostic différentiel
Plusieurs affections peuvent présenter des signes cliniques ressemblant à ceux d’une salpingite et être à l’origine d’une erreur diagnostique :
Examens complémentaires
Echographie pelvienne
L’échographie pelvienne peut être normale en cas de salpingite, mais elle peut retrouver également :
Prélèvement bactériologique cervico-vaginal avec la recherche de Chlamydiae et Mycoplasme.
Numération formule sanguine, CRP (Recherche des marqueurs de l’inflammation) :
A l’occasion du diagnostic d’une salpingite, il est conseillé de rechercher d’autres infections sexuellement transmissibles associées comme la Syphilis, le SIDA (HIV) ou l’hépatite B.
La coelioscopie permet d’affirmer la présence d’une salpingite par l’aspect inflammatoire ou purulent des trompes utérines. Elle est indiquée essentiellement en cas de doute diagnostique (appendicite aigue) ; dans les formes graves ou dans les formes résistantes au traitement antibiotique. La coelioscopie permet de pratiquer des prélèvements bactériologiques ; de faire un bilan des lésions provoquées par la salpingite ; de drainer un abcès pelvien ; d’effectuer une toilette abdominale (lavage et drainage) et d’améliorer le pronostic tubaire (adhésiolyse).
Une coelioscopie de contrôle est parfois proposée secondairement, à distance, afin d’évaluer le pronostic tubaire et d’essayer de préserver la fertilité.
Evolution – Complications
En l’absence de traitement, une salpingite peut être responsable de :
Traitement
Le traitement d’une salpingite est essentiellement un traitement médical. Ses principes sont :
Le protocole antibiotique le plus classique associe un antibiotique de la famille des Quinolones ou des Cyclines, pendant 2 semaines, à un antibiotique de la famille des Pénicillines (Amoxicilline + Acide Clavulanique), pendant 3 semaines. Ce traitement est débuté par voie intraveineuse dans les formes fébriles ou très algiques puis poursuivi par voie orale. Cette double antibiothérapie permet de couvrir les Chlamydiae, les bacilles gram négatifs et les germes anaérobies.
Le traitement des formes persistantes sous antibiotiques ou des formes graves d’emblée repose sur la chirurgie, effectuée sous anesthésie générale :
Prévention
La prévention des salpingites repose sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles par l’utilisation du préservatif et sur une consultation rapide en cas de signes d’appel évocateurs de salpingite ; d’antécédent de salpingite ou de la présence de facteurs de risque (stérilet etc.). |
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